L’Affaire Dutroux: Georges Zicot

Au fil des audiences

Nivelles 1. Procès “Zicot, Dutroux & consorts” : en route vers l’acquittement ?
Ce ne sera peut-être pas si simple…
12 avril 2005
Rubrique:Au fil des audiences

Le procès des policiers Zicot et Prevedello, de Marc Dutroux et de cinq autres prévenus de divers faits considérés comme relevant exclusivement de trafics de véhicules a commencé ce lundi 11 avril à Nivelles.

Après avoir décliné l’identité des huit prévenus, le Président du tribunal correctionnel a dérogé à l’ordonnancement habituel de la première audience. Il a établi lui-même la chronologie des faits qui ont abouti à la comparution des huit accusés et a reporté à ce mardi la lecture, par le ministère public, de l’acte d’accusation.

Le dossier est constitué de 68 cartons. « C’est, constate le Président Bernard Desmette, une ampleur peu commune, qui mérite un exposé clarificateur et une remise en contexte. »

Le Président présentera cette introduction à partir d’un certain nombre de faits constamment évoqués au cours des enquêtes, mais dont les vérifications ont établi qu’il ne s’agissait que de “on dit” non fondés. Vint ensuite la lecture de la citation à comparaître [].

Ce lundi, la première partie de l’exposé du Président Desmette a pris deux heures : à 18h00, lorsque cette première audience prend fin – elle avait commencé à 14h00 -, il n’en n’était encore qu’à la moitié de la lecture détaillée des préventions.

Georges Zicot au centre des mises au points du Président

(JPEG)

Georges ZICOT

Le Président Desmette souligne d’abord que les rumeurs, les bruits et les dénonciations qui ont fait l’objet de nombreuses et minutieuses vérifications des enquêteurs ont eu pour effet, dans une ambiance émotionnelle intense due à l’affaire Dutroux, de mettre la personne de Georges Zicot au centre du dossier.

Ce dossier fut confié au juge d’instruction Elslander de Nivelles, qui reprit la direction de deux instructions distinctes.

La première, menée à Bruxelles par le juge Laffineur, portait sur des faits survenus entre 1989 et 1994 ; elle concernait Messieurs Zicot, Prevedello, Greco et Romano, inculpés pour association de malfaiteurs. Le juge Laffineur a instruit sur des faits qui mettent en évidence une relation d’amitié entre Romano, Greco et Monsieur Zicot []. Romano n’a aucun antécédent judiciaire. C’était l’entreposeur officiel des véhicules saisis aussi bien par la PJ que par la gendarmerie. Mario Greco, lui, a été condamné en Italie pour trafic de voitures international en 1996. Il a aussi été par deux fois condamné en correctionnelle pour recel. Romano et Greco sont tous deux des indicateurs attitrés de Monsieur Zicot.

La seconde de ces instructions, menée à Neufchâteau par le juge d’instruction Connerotte, indaguait sur des faits de 1995 ; elle concernait Messieurs Dutroux, Rochow, Divers, Pinon et Zicot. Le juge Connerotte a dirigé l’enquête sur le vol d’un camion Iveco par Rochow et Divers. Cet engin fut entreposé dans le hangar de Gérard Pinon (déjà condamné pour vols en 1983), un hangar dont l’occupant principal était Dutroux.

Georges Zicot, ajouta le Président, fut membre de la police judiciaire de Charleroi et travailla jusqu’en décembre 1995 dans la sous-section « Trafics de voitures » (section « Banditisme »). Il en était l’un des éléments les plus efficaces et expérimentés, travaillant sous la responsabilité du commissaire Vanderhaegen et des substituts Labar et Marlière. Le Président tint à préciser qu’en matière de lutte contre le trafic de voitures, Georges Zicot était une référence [].

« Tous les coups sont permis »

Selon le Président, c’est dans le climat émotionnel suscité par l’affaire Dutroux qu’il faut rechercher les causes de l’extraordinaire profusion de rumeurs et de dénonciations qui ont grossi démesurément ces dossiers. Ceux-ci sont constitués principalement de vérifications minutieuses qui n’ont donné, finalement, aucun résultat.

« Dans le milieu des trafiquants de voitures, tous les coups sont permis ». C’est la conclusion même d’un rapport du commissaire Christian De Vroom, qui a dirigé la PJ de Charleroi de 1987 à 1990. Il avait été chargé d’un rapport sur la situation professionnelle de Zicot qui, selon une rumeur de l’époque « touchait des enveloppes ». Cette accusation a été classée sans suite après une enquête minutieuse de celui qui allait devenir Commissaire Général de la PJ []. Et le Président d’insister : « Le rapport concluait en ces termes : “Plus un policier est performant, plus il s’expose à des coups bas provenant du milieu qu’il combat !” ».

Monsieur Druart, un collègue de Monsieur Zicot, précise également dans un rapport que les dénonciations venant du milieu des trafiquants sont à prendre avec une méfiance absolue.

Une autre mise au point s’est imposée vis-à-vis de Simon Poncelet, un jeune policier devenu également très performant dans la lutte contre le trafic de voitures – au sein, lui, de la PJ de Mons []. Il s’était inquiété auprès de son supérieur, le commissaire Bruyninckx de la PJ montoise, de ce que la gendarmerie d’Ath soupçonnait Monsieur Zicot de faire partie d’un réseau de trafic de voitures. Le commissaire s’était alors porté garant de l’inspecteur Zicot.

Des dénonciations tantôt anonymes, tantôt erronées, ou inspirées par la volonté de nuire

« Alors, s’interroge le Président, qui prolonge ces bruits, ces rumeurs, ces dénonciations ?… »

Elles ont été passées au crible d’une enquête minutieuse qui n’a pas lésiné sur les moyens (perquisitions, saisies, contrôles financiers, contrôles de douane, repérages téléphoniques, etc.), mais cela n’a abouti à rien.

Certaines dénonciations sont anonymes et ne peuvent être prises que pour ce qu’elles sont. Mais des enquêteurs s’en sont fait l’écho.

« Monsieur Zicot serait aussi un vendeur de voitures… ». Mais aucun élément précis n’a pu être relevé.

« Monsieur Zicot a été agressé à cause d’un racket sur des toxicomanes… ». Mais l’enquête révèle que les toxicomanes ne se connaissaient pas entre eux, ni ne connaissaient Monsieur Zicot.

« Monsieur Zicot rencontrait Dutroux dans un lupanar de Frasnes-lez-Gosselies… ». Tout à été passé au peigne fin. Rien ne permet d’étayer de telles déclarations…

Certaines dénonciations reposent sur des erreurs manifestes. Ainsi, une connaissance d’un greffier en chef disait vouloir récupérer un moteur de Porsche saisi par Monsieur Zicot, « que Zicot aurait barboté à son profit… ». Un bien saisi ne dépend pourtant nullement du policier qui effectue la saisie : une fois saisie, la chose est enregistrée, consignée au greffe d’une juridiction et placée sous le contrôle du magistrat qui enquête.

Dans d’autres cas, des véhicules ont été considérés comme saisis, alors qu’ils ne l’étaient pas. Il est arrivé à Monsieur Zicot de refuser de donner certains noms : ces refus ont été interprétés comme des comportements suspects, alors qu’il s’agissait pour le policier de ne pas découvrir un magistrat enquêteur, etc..

Dans le dossier d’une Porsche volée acquise par un (JPEG)médecin, un enquêteur soupçonne Monsieur Zicot d’avoir procuré à ce médecin un certificat de remise en conformité de la Porsche afin de faire refrapper le numéro de châssis d’origine. (Le médecin avait été condamné pour recel en 1996, mais la cour d’appel de Mons l’avait acquitté en lui restituant le véhicule). Mais, précise le Président Desmette, Monsieur Zicot était convaincu de la bonne foi du médecin et on a constaté qu’il y avait eu confusion entre cette Porsche-là et celle de Philippe Demanet, qui avaient eu toutes les deux un propriétaire commun [].

« Bref, s’exclame le Président, il ne s’agit que d’une addition de faits, somme toute, banals ! »

Une femme dénonce son mari comme faisant partie d’une « filière Zicot » de trafic de voitures. Ce n’était qu’un artifice dans le cadre d’un conflit parental, la dame étant en défaut de présentation de l’enfant à son père, qui avait droit de visite.

La mère d’un voleur de voitures connu des services de police s’en est prise à monsieur Zicot, prétendant qu’il conduisait un cabriolet Opel Kadett volé au Luxembourg. L’enquête révélera que cette voiture n’a jamais été volée.

Des pressions du Comité P à la vengeance du Procureur Général

Une commission rogatoire a été envoyée à Malaga, en Espagne : en effet, un officier de liaison belge en poste dans ce pays avait reçu des informations selon lesquelles un monsieur Zicot avait signé une (JPEG)attestation pour déclarer « clean » une Ferrari []. L’audition du témoin qui se trouvait à la source de ces informations révèle qu’il ne sait plus très bien qui a signé l’attestation, laquelle lui a été remise par un certain Basilè [], inculpé en Belgique dans le cadre d’une instruction conduite par le Juge Delmarche. Les enquêteurs n’obtiennent aucun élément sérieux, le témoin n’est pas formel et, pour les autorités espagnoles, l’enquête ne donne aucun résultat.

A la suite de devoirs complémentaires demandés par Me Mayence, conseil de Georges Zicot, il est fait état d’un rapport rédigé le 26 avril 1996 par Monsieur Bacchus, collègue de Monsieur Zicot. Monsieur Bacchus dit avoir assisté à une rencontre entre deux membres du Comité P (composé essentiellement, précise le Président, de gendarmes de l’époque) et le juge d’instruction Delmarche []. Avant de s’envoler pour Malaga, ces messieurs voulaient connaître la position du juge concernant la possibilité de laisser Monsieur Basilè rentrer librement en Belgique. Monsieur Delmarche s’est étonné qu’un de ces policiers du Comité P connaisse parfaitement les détails du dossier qu’il instruisait comme magistrat, alors que ce policier n’y était pas intervenu. Il a eu l’impression qu’une convention avait été passée entre Monsieur Basilè et les deux membres du Comité P. Dans son rapport, Monsieur Bacchus note que n’ayant pas reçu l’assurance qu’on le remettrait en liberté en échange de ses déclarations, Monsieur Basilè n’a pas signé sa déposition et qu’en plus, Monsieur Basilè ne connaissait pas Monsieur Zicot.

Restent alors les ennuis judiciaires dont Monsieur Zicot a été l’objet, mais qui, précise le Président, selon l’explication de Georges Zicot lui-même, ont commencé « en 1993, le jour où dans l’entrepôt d’un garage, il souleva le capot d’une Porsche prétendument volée, appartenant au fils du procureur général Demanet »

http://www.observatoirecitoyen.be/article.php3?id_article=477

About kruitvat

I am working for the Belgian human rights association 'Werkgroep Morkhoven' which revealed the Zandvoort childporn case (88.539 victims). The case was covered up by the authorities. During the past years I have been really shocked by the way the rich countries of the western empire want to rule the world. One of my blogs: «Latest News Syria» (WordPress)/ Je travaille pour le 'Werkgroep Morkhoven', un groupe d'action qui a révélé le réseau pornographique d'enfants 'Zandvoort' (88.539 victims). Cette affaire a été couverte par les autorités. Au cours des dernières années, j'ai été vraiment choqué par la façon dont l'Occident et les pays riches veulent gouverner le monde. Un de mes blogs: «Latest News Syria» (WordPress)/ Ik werk voor de Werkgroep Morkhoven die destijds de kinderpornozaak Zandvoort onthulde (88.539 slachtoffers). Deze zaak werd door de overheid op een misdadige manier toegedekt. Gedurende de voorbije jaren was ik werkelijke geschokt door de manier waarop het rijke westen de wereld wil overheersen. Bezoek onze blog «Latest News Syria» (WordPress) ------- Photo: victims of the NATO-bombings on the Chinese embassy in Yougoslavia
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